18 juillet 2008
Sta Fé de Antioquia
Dimanche dernier, petite virée a Santa Fé de Antioquia. Santa Fé d’Antioquia est un village colonial très bien préservé, qui a été capitale du département d’Antioquia jusqu’a être remplacée par Medellín en 1826.
Par rapport a Villa de Leyva, les facades sont cette fois-ci colorées et il fait beaucoup plus chaud (altitude: 550m).
En terre chaude, il y a toujours le plaisir des fruits... L’occasion de retrouver le jus de zapote, gouter aux mamoncillos et aux corozos, et de ramener quelques provisions a Medellín!
En ce moment il y a une volonté de déclarer ce village, déja monument national, au patrimoine de l'humanité.
16 juillet 2008
Faire déserter les guérilleros
Voici un petit résumé d’un article paru dans Le Monde du lundi 14 juillet sur les moyens utilisés par le gouvernement colombien pour inciter les guérilleros a la désertion:
“Hé, guérilleros ! Je suis Ingrid Betancourt. Je veux que
vous soyez libre, comme moi", "Hé, guérilleros ! Je suis
Ingrid Betancourt. Rendez- vous. Vous allez récupérer votre famille, votre
liberté, votre honneur".
Voici quelques uns des messages enregistrés en Colombie par l’ex otage avant d’arriver
en France. Ils seront diffusés dans la jungle colombienne par le biais de hauts
parleurs d’hélicopteres militaires.
De plus, les radios locales et télévisions répètent
inlassablement les messages de l'armée colombienne : "Guérillero, ta
famille, tes amis, ton pays t'attendent. Reviens."
Pendant la Coupe d'Europe de football, un message défilait sur l'écran : "Guérillero, si tu avais déserté, tu pourrais regarder tranquillement ce match." Un des responsables de la campagne en convient : "Les guérilleros ont rarement l'occasion de regarder la télé mais les messages ont aussi une valeur dissuasive. C'était une façon de dire aux gamins du pays : si tu prends les armes, fini le foot..."
Selon
les chiffres officiels, plus de 9000 guérilleros auraient déserté depuis six
ans, 1500 au cours des six derniers mois. Jusqu'en 2002, le gouvernement
estimait le nombre de guérilleros des Farcs à 18000. Il reste donc encore quelques
"pseudo-révolutionnaires" à convaincre.
12 juillet 2008
La semaine dernière
Voila
un petit moment que je n’ai rien écrit, et pourtant il s’en ai passé des
choses.
Tout
d’abord, le plus important: la libération d’Ingrid.
Ensuite deuxième nouvelle en ordre d’importance: ma petite soeur a eu son bac! Bon dit comme ça c’est pas transcendent, mais si je vous dit qu’elle a obtenu exactement la même moyenne que moi au centième près ça vous en bouche un coin non?
La semaine dernière je suis partie 3 jours a Norcasia, a environ 6h de route d’ici (8h ce jour la), pour réaliser l’audit environnemental d’une centrale hydraulique. J’ai été impressionnée par les infrastructures et j’ai passé 3 jours de “travail” bien agréables.
Avec mes collegues
La piscine de la centrale
La retenue Amaní
Ensuite direction Bogotá pour renouveler mon VISA. Le
renouvellement a été rapide (2h30 d’attente) et m’a permis de sympathiser avec
Romain, un Français de Nantes en stage a Medellín… le monde est vraiment tout
petit! Et les Nantais
de sacrés voyageurs (je ne compte plus le nombre de Nantais rencontrés en
Colombie).
J’ai
donc passé une très chouette journée en tant que guide touristique de Bogotá,
avec Roman et Floriane. Et oui, Floriane de l’EMN est arrivée a Bogotá mardi
sans connaître un mot d’espagnol, a commencé son stage mercredi. Évènement
marquant de la promenade: l’anniversaire du président célébré par un défilé de
gardes dans le palais du Nariño et un magnifique pliage de drapeau, tout ça
dans un patriotisme général renforcé par la libération d’Ingrid.
Défilé dans la cours du palais
Ensuite
nous sommes allés a Melgar, la station balnéaire des Bogotanais. Enfin pas non
plus au bord de la mer (18h de route), mais en terre chaude a 3 heures de Bogotá.
L’endroit avec la plus grande densité de piscines en Colombie. J'avais invité Floriane et nous y sommes allés avec le papa d’une
copine de l’université et sa fiancée.Ils y ont une belle maison. Au programme:
baignades (on se serait cru a Miami), restos
(buffet français!), un peu de sport (volley, water polo et marche), et beaucoup de rigolades! J’ai particulièrement aimé la capture de la
poule qui a fini dans le sancocho. Après avoir monté une stratégie au moins
digne de l’opération Jaque, nous avons réussi a attraper la gallina et je vous
assure qu’elle avait un goût différent de celles qu’on achète toutes prêtes! Nous avons
vraiment passé un excellent week end, malheureusement trop court.
Dimanche j’ai repris
le bus en espérant que le voyage a Medellín ne durerait pas 18h (comme pour la
Suisse que j’ai rencontré au ministère). Normalement le temps de trajet normal
est 8 a 10h mais en ce moment ils réparent un pont sur la route principale et
donc il y a une moitié de chaussée inutilisable. Et ça va être comme ça jusqu’a
fin septembre… Heureusement nous n’avons presque pas eu d’embouteillages, le
seul problème a été en arrivant a Medellín ou venait de se produire un
glissement de terrain. Il était 7h et ils nous ont dit qu’ils n’allaient pas
réouvrir la route avant 14h. J’ai donc pris mes sacs et commencé a marcher
jusqu’a après le glissement de terrain pour tenter de prendre un bus. Par
chance, un bus venait d’arriver, il s’est très vite rempli et nous a emmenés
jusqu’a Medellín. Je suis allée direct au travail
avec 2h de retard et un peu fatiguée, mais de la fatigue délicieuse d’une
excellente semaine.
09 juillet 2008
Uribe aux anges
Il y a des nouvelles qui font très mal le lundi. En rentrant à la maison, je jette un coup d'oeil à l'Epectador de dimanche et là, c'est le choc. Le titre dit "si ce n'est pas lui..." avec une photo d'Uribe souriant jusqu'aux oreilles.
Les chiffres tombent:
- Intention de vote pour Uribe avant l'opération de sauvetage: 69%
- Intention suite au sauvetage: 79%
- Le second candidat (Sergio Fajardo) n'obtient que 4% des intentions de vote
- Presque la moitié des Colombiens (48%) n'iraient pas voter si Uribe ne se présentait pas
Il y a des lundis où il vaudrait mieux rester au lit...
08 juillet 2008
L'eau et l'eau en bouteille
En Colombie 10 millions de personnes n'ont pas accès a l'eau potable. Et cela ne touche
pas seulement les zones rurales et de la côte puisque les statistiques officielles signalent que plus de 470.000 familles bogotanaises n'ont pas accès a l'eau potable, et 100.000 personnes non plus a Medellín. De plus, ceux qui y ont accès doivent payer des sommes considérées comme exorbitantes, raisons pour lesquelles plus de 1200 organisations sociales se sont formées dans le but d'exiger que l'eau soit inclue dans la constitution comme un droit fondamental. [sources: IPC]
Rappelons que 1300 enfants de 1 a 5 ans meurent chaque année en Colombie par manque d'eau potable et d'assainissement.
Pour nous qui avons donc la chance de recevoir une eau du robinet de bonne qualité, je voudrais juste signaler mon dégout de l'eau en bouteille a cause de son empreinte sur l'environnement, que ce soit pour la fabrication du plastique, le transport et ensuite la gestion des déchets.
Des études récentes ont montré que l'impact environnemental était le même que conduire une voiture pendant un kilomètre. Un kilomètre c'est rien, mais multiplié par 5 a 7 milliards (estimation du nombre de bouteilles vendues en France chaque année d'après Agir Pour l'Environnement), ça en fait des tours du monde. Une bouteille d'un litre de marque Evian ou Volvic par exemple, génère jusqu'à 600 fois plus de gaz a effet de serre qu'un litre d'eau du robinet.
Un assesseur du gouvernement britannique, Tim Lang, affirme même que la société devrait faire de l'acte de boire de l'eau en bouteille un acte aussi peut élégant que fumer... Préparez vous a souffrir, consommateurs d'eau embouteillée!

















