26 juin 2008
Vive la grande consommation!
Salut!
Voici un article qui n'a rien a voir avec la Colombie.
Je veux vous conseiller ce blog:
Le concottisier
dans lequel vous apprendrez:
- comment faire un sandwich parfait
- que si vous ne voulez rien pour votre anniversaire c'est maintenant possible
- que les emballages sont concus par des gens a l'imagination débordante
- que si vous êtes Néerlandais et fumeur, vous pouvez gagner plus d'intérêts sur votre épargne que si vous ne fumiez pas
- que le Ricard est en tête de caddie
etc, etc...
Un sacré concottiser.
18 juin 2008
Pueblito paisa
Aujourd'hui après le travail dirrection Pueblito Paisa, une reproduction de village tipiquement antioqueño à Medellín. C'est vraiment très mignon, ca m'a donné envie de faire quelques virées dans les communes alentour.
Au bureau pour fêter l'anniversaire d'une collègue (plus exactement de la femme de ménage), gateau à l'arequipe, ballons, serpentins, et chanson (mélange de happi beurdet to you - écrit ici de la facon dont les Colombiens prononcent le "happy birthday to you"- et compleaños feliz). Vraiment sympa.
Parque del Salado
Samedi petite virée au parc écotouristique du Salado. Petite parce que départ prévu: 8h30. Départ réel: midi...C'est ca la Colombie. Peu après notre arrivée nous a rejoint notre chère amie l'averse. De très bonne humeur, elle avait ramené toutes ses amies possibles, les gouttes, pour se pavaner devant nous une bonne demie-heure, avec quelques fois des petites feintes de "oh je suis fatiguée de tomber". Tu parles, tu te reposais pour mieux nous narguer ensuite!
La sortie a donc été écourtée mais cela ne nous a pas empêchées de profiter de ce très beau parc. Au milieu coule une rivière (le Salado justement). Incroyable le changement de couleur et de débit entre le moment où nous sommes arrivées (eau plutot claire) et reparties (eaux marrons et débit impressionnant).
Mon photographe étant en ce moment en vacances à Montréal, et ma tête toujours ailleurs quand il s'agit de penser à mettre l'appareil photos dans la mochila, il faudra vous contenter de cette jolie photo trouvée sur internet.
13 juin 2008
El Cartel de los sapos
Depuis une semaine est diffusée une série colombienne, "El Cartel de los sapos", qui a pour thème le Cartel de Cali.
Ou plus exactement les Cartels, puisque l’action de la série tourne autour des affrontements entre 2 bandes de narcotrafiquants. La série s’inspire du récit d’un narco réfugié aux Etats Unis. Autant vous dire qu’en ce moment les policiers sont morts de honte, pour être montrés tels qu’ils ont été (ou sont) et non pas comme les médias les ont présentés. La série fait donc grand bruit ici : bien que l’action se déroule à Cali, la situation était la même à Medellin. C’est donc l’occasion d’en parler un peu.
Les Sicarios : les jeunes tueurs à gage se déplaçaient en moto pour commettre des meurtres sur contrat. Entre 1992 et 1993, le port du casque a même été interdit pour lutter contre les Sicarios.
« J’ai le doigt qui me démange » - c’est ce qu’on pouvait entendre dans certains quartiers. Au premier passant, un petit tir dans la jambe ou dans le bras.
Il y a aussi eu la bataille d’œufs à Medellin. « Allez les gars vous allez m’achetez tous les œufs du quartier ». Il faut bien leur faire plaisir à ces jeunes, une « petite » bataille d’œufs en pleine rue c’est toujours drôle à 15 ans.
Les Narcos : se lancer dans le trafic de drogue était une façon de s’assurer de sacrés revenus et les plus belles filles du pays. Pour les « reines de beauté », c’était l’opportunité de financer quelques chirurgies esthétiques.
L’univers si pesant des narcos a fait que beaucoup ont voulu se retirer de ce négoce. Mais parfois il était déjà trop tard, et arrêter signifiait se faire tuer par ses collègues. L’agence américaine de lutte contre la drogue (EDA) a aussi aidé des trafiquants à s’expatrier aux Etats Unis moyennant billet bien entendu.
Les prisons : c’est un peu à la carte suivant les moyens financiers de chacun. Les riches disposent d’une cellule-résidence de luxe (des dizaines et des dizaines de m² et toute l’abondance du monde, ordinateur, jacuzzi...). A l’époque du cartel ils pouvaient même se permettre d’avoir leur arme chez eux. Quant aux pauvres, s’ils n’ont pas les moyens de louer une cellule, ils dormiront par terre dans le couloir. Car en prison, tout, absolument tout, se paye.
La coca : la Colombie n’est pas le plus grand producteur du monde de coca (la Bolivie et le Pérou la dépassent). Par contre, elle est au centre d’un réseau mondial de distribution et laboratoire principale de transformation de coca en cocaïne. La production et la fabrication de la cocaïne ont des conséquences très graves à la fois sociales (déplacements de population) et environnementales (menace pour la biodiversité, pollution des cours d'eau et des sols...). Mais d'un point de vue économique, il est clair que ce commerce est source de richesses (4% du PIB – 7% en 1980) et d’exportations (25% des exportations – 70% en 1980). Pour blanchir cet argent ont été construits entre autres des centres commerciaux (par exemple el Centro Andino a Bogota), des restaurants (zone du parc de la 93 à Bogota), l’éclairage du stade de foot de Medellin, des hôpitaux et collèges. On estime qu’entre 10 à 20% de l’immobilier est possédé par les narcotrafiquants.
Les consommateurs : la cocaïne est destinée principalement aux consommateurs Etatsuniens et Européens. Cependant c’est aussi un fléau pour les Colombiens eux-mêmes toutes classes sociales confondues.
Pour finir, spéciale dédicace à Carla Bruni pour sa référence a la Colombie dans sa nouvelle chanson "tu es ma drogue". J'espere que son mari ne sera pas trop irrité qu'elle aussi participe au grand concours de la connerie. Car je peux vous assurer que les Colombiens sont tres vexés...
12 juin 2008
L'ambiance au travail

Quelques points clés de l'ambiance au travail:
- la musique
- les pauses actives: des pauses pendant lesquelles on se réunit tous pour faire des étirements. En general on en fait une par jour.
- les vendeurs: je pensais qu'il n'y avait que les chauffeurs de bus qui laissaient rentrer les vendeurs si facilement, mais pas du tout. Pour le moment le cireur de chaussures est déja venu plusieurs fois (allez, tout le monde en chaussettes pendant la pause active) et aujourd'hui est apparue la vendeuse de gâteaux maison.
- la domestique: Patricia vient 2 a 3 fois par jour
pour faire le ménage, réchauffer les plats le midi
- les bonbons, gâteaux et fruits: comme les Colombiens sont gourmands, ils ont
toujours quelque chose a te proposer et c'est assez mal vu de refuser.
Et puis il y a aussi les sorties de terrain, ce que tout le monde préfere. Ces quelques photos, je les ai prises a Santa Elena la semaine derniere pour un projet de parc écotouristique.
04 juin 2008
Première journée de stage
Etant donné qu'hier ma journée s'est résumée a être deux heures au bureau et ensuite être déjà libre (je suis tout de même allée passer ma visite médicale- j’ai aussi pu voir un super match de foot), on peut dire qu’aujourd’hui aura été ma première journée de travail.
Et je trouve que ca s’annonce plutôt bien. J’ai été tout l’aprèm en sortie de terrain par rapport a une usine de traitement d’eaux résiduelles qui va être construite. Nous avons commencé le parcours dans un quartier pauvre construit sur l’ancienne décharge de la ville… Et nous
l’avons terminé à l’endroit ou sera construite la station de traitement. Actuellement cette zone est connue pour les combats de coqs qui s’y déroulent tous les week-ends et pour les charbonniers qui y travaillent, faisant bruler des résidus de bois en tas et à l’air libre pour vendre ensuite le charbon obtenu.
Demain nous partons aussi toute la matinée pour une sortie de terrain sur les hauteurs de la ville. Je peux vous assurer que ces sorties sont très agréables grâce a ce climat.
Sur la route du retour, encore une superbe promotion : pour une maison achetée, une offerte ! En parlant de maison, je mets quelques photos de l’appart où je vais finalement rester pendant toute la durée du stage.
Changement de sujet, j’ai vraiment rigolé pendant le match de foot parce que chaque minute, ils coupent le son du match et dans le coin de l’écran ils passent une pub. Ces interruptions montrent encore que les matches de foot manquent un peu de rebondissement… Sans rancune les footeux !
Arroz con coco
Pour les cuisiniers, et d'après mes observations:
1) Casser la coco en morceaux avec un marteau (l’eau de coco ne s’utilisera pas). Quitter l’écorce avec un couteau. Couper en petits morceaux. Mettre à la liquadora (peu à peu) avec de l’eau bien chaude.
2) Extraire le lait de coco : mettre de l’eau bien chaude avec la coco rapée. Essorer la coco avec les mains. Mettre le lait de coco dans la casserole qui servira à cuire le riz
3) Renouveler l’opération 3-4 fois : on obtient des laits beaucoup moins chargés de graisse, ce sont eux qui serviront à faire cuire le riz.
4) Faire s’évaporer le lait de coco= cuire jusqu’à ce qu’il ne reste que la graisse et les résidus de coco dans la casserole. Faire chauffer l’autre lait et y ajouter du sucre (2 cuillères pour 5?) et du lait
5) Mettre le riz à cuire
6) Faire un caramel qui permettra que le riz ait une belle couleur marron. (dans une poêle, sucre+un peu d’eau)
7) Ajouter le caramel à l’eau du riz et des raisins secs par exemple
8) Régalez vous !
02 juin 2008
La bonne cuisine
Aujourd’hui Luz Marina nous a encoré régalés… Au menu, riz à la coco, saumon (vous imaginez ce luxe, du saumon en Colombie ?? Ca faisait une éternité bien sur), patacones et salade. Tout était absolument délicieux et chaque plat préparé de façon si originale ! Quelle émotion je vous assure.
C’est sur que c’est un peu plus la classe que le sancocho que font les voisins dans la rue. Ah non pardon, le sancocho (soupe de plein de choses), c’était hier, ce soir c’était
frijolada (soupe de haricots rouges). Donc le principe c’est très simple : de la même façon qu’en France on fait un barbec’ dans le jardin, là on fait un feu dans la rue et on y dispose la marmite à mijoter pendant plusieurs heures. Ils font quand même gaffe à n’occuper qu’une seule chaussée pour permettre aux voitures de passer. Apparemment à l’époque de Noël c’est pire, parce que c’est tous les jours et pas seulement les plats que je viens de citer, mais aussi la natilla (crème) pour manger avec les buñuelos (qui se font aussi dans la rue), les tamales…
01 juin 2008
Journée à Medellín
La ville de l’éternel printemps, du XXIème siècle, de la culture métro, l’attrait d’Amérique latine… toutes ces expressions sont un échantillon des surnoms qui ont été donnés à Medellin. Et c’est vrai qu’il y fait toujours beau et chaud, qu’il y a un super métro (non souterrain) et 2 lignes de téléphérique (on se croirait presque dans les Alpes), que les gens respectent énormément les infrastructures (je n’ai vu aucune dégradation dans le métro qui a pourtant 11 ans). Mais Medellin, c’est aussi une ville énormément contrastée et Carlos Mario n’a pas manqué de me le faire remarquer. C’est incroyable tout ce que j’ai appris avec lui.
Carlos Mario vient des quartiers populaires de Medellin, plus exactement d’un quartier surnommé la commune 13. Il a donc vécu l’époque du Cartel de Medellin. Il a eu l’énorme chance d’avoir des parents qui l’ont toujours poussé à étudier, et qui lui ont toujours demandé d’où il ramenait les cadeaux qu’il leur faisait (il vendait des glaces puis des journaux). Ce n’était pas le cas de ses camarades, qui ramenaient des machines à laver, motos… Et les mamans de les féliciter : il est adorable ce garçon ! Mais à quel prix ?
A lui aussi, on lui a souvent proposé d’aller faire « una vuelta », « un peguadito ». Je ne me rappelle plus de toutes les expressions, mais en gros l’idée c’était de tuer. Tuer pour gagner en échange un super appartement, une moto, et des filles magnifiques toutes siliconées. Pas étonnant quand on voit l’allure des quartiers populaires que beaucoup se prêtaient au jeu. Je pense qu’il a eu vraiment de la chance de ne pas tremper là dedans. Aujourd’hui il est en vie alors que quasiment tous ses copains du quartier sont morts, ce qui laisse à réfléchir.
Quelle allure ils ont justement ces quartiers ? Il y a des maisons plus ou moins bien construites. Les plus riches les font en briques, les autres en bois et en tôle. Les toits sont en tôle. Il faut donc y mettre des pierres ou n’importe quel objet assez lourd pour éviter que le toit ne s’envole. On étend le linge sur les toits pour qu’il sèche rapidement. Et puis on voit aussi des gens reconstruire après les incendies qui sont très fréquents,
à cause des courts-circuits dus à l’usage illégal de l’électricité, et puis de l’utilisation des bougies pour ceux qui n’ont pas l’électricité. Alors forcément quand la maison est de bois et de carton… Les habitants de ces quartiers sont essentiellement aujourd’hui des gens qui ont été déplacés par le conflit armé. Des gens de la campagne qui arrivent à la ville, complètement désemparés et sans perspective.
Je vais maintenant tourner la page et parler de choses plus joyeuses. Enfin pas si joyeuses parce qu’aujourd’hui je me suis rendue compte que je ne comprenais plus rien à l’espagnol ! Je ne vous raconte pas le désespoir ! En réalité j’ai surtout rigolé en écoutant ces gens parler si bizarrement. Il
y a deux choses : le parler « paisa » (c'est-à-dire de la région d’Antioquia), et puis le jargon hérité du passé narco de la ville. C’est un jargon plein de codes dont il est difficile de comprendre le sens sans une aide extérieure, et j’apprends petit à petit. En plus de ça ils ont un accent différent des Bogotanais. Moi qui pensais qu’il me suffirait de remplacer le « tu » par le « vos » et apprendre la conjugaison qui correspond pour parler la langue d’ici… autre surprise ! J’ai peur de prendre de très mauvaises habitudes. Il faut dire qu’ils sont bizarres. Par
exemple quelle idée d’appeler le plan de travail dans la cuisine « poulet ». Alors ça donne des situations du style : J’ai fini la vaisselle, il ne me reste plus qu’à laver le poulet. Ah bon, après manger ?? Je n’y comprends plus rien.
Il y a une histoire marrante à ce propos, au sujet d’une cocotte minute, appelée ici olla atomica (c’est important pour l’histoire). Un Colombien paisa est allé à Paris rendre visite à un couple d’amis colombien installé en France. Le paisa, même en France, avait tenu à cuisiner ses haricots rouges. Il se dit aussi qu’il fallait sortir les poubelles. Manque de bol, la porte se ferme, et à l’intérieur de l’appart, personne mise à part la ribambelle de haricots rouges dans la cocotte minute. Alors vite il va voir le concierge pour demander un double des clés mais le paisa ne parlait pas un mot de français. Il s’est donc résolu à dire « atomica, atomica » pour essayer de se faire comprendre. Et là, je ne sais pas si vous vous imaginez l’effet de ce petit mot sur le concierge, prononcé par un Colombien en France
en pleine époque de guerre froide. Suffisamment de paranoïa pour appeler la police et les pompiers ! Tout ça pour des frijoles…
Le même paisa a récidivé dans l’humour lors de son voyage en demandant du « pan francés » à la boulangerie. Le pauvre, c’est pas de sa faute, c’est comme ça qu’on appelle la baguette ici !
Avant de terminer quelques mots sur Medellin : le centre est très
agréable, il y a même plusieurs rues piétonnes ! Que du bonheur. Tout est beaucoup plus clean qu’à Bogota, il y a des statues de Botero partout et ça me fait vraiment rire. Les gens sont très sympas, dragueurs évidemment. Je me rappellerai du « kiu cuñado ! » (=salut beau-frère !) d’un jeune homme alors que je marchais avec Carlos Mario. Je penserai qu’à Medellin ce serait peut être différent de Bogota, mais non, les gens repèrent direct que je ne suis pas d’ici avant même que je n’aie prononcé un seul mot. Et très curieux ils veulent tout savoir.
Vous l’aurez compris, tout se passe très bien, cette première journée a été extrêmement riche en découvertes et je ne doute pas que les suivantes le seront encore plus. Pour résumer avec une expression de Medellin, que elegante !












