28 août 2008
Retour au pays
Je suis rentrée en
France ! Un retour un peu mouvementé (avion presque raté a Bogota pour
être arrivée à l’aéroport à l’heure colombienne, et presque raté à
Madrid : « Mademoiselle ce n’est pas de votre faute si on ne vous a
pas donné la carte d’embarquement a Bogota, mettez-vous sur le coté et on verra
à la fin s’il reste de la place pour vous faire embarquer, mais bon, l’avion
est complet »). Donc au final beaucoup de chance, celle d’arriver à
l’heure prévue à Nantes après toutes ces péripéties et un voyage en première
classe du début a la fin (suivez mon conseil : venez en retard et vous
aurez les meilleures places).
Les retrouvailles ont été
fabuleuses. Jacky, le papa de Victor, avec la complicité de mes parents et ma
sœur, m’a emmenée en surprise à l’anniversaire de ma Mamie qui fêtait ses 70
ans avec toute la famille et les meilleurs danseurs des Pays de la Loire (ils
ont la pêche les anciens !). Mon petit frère était si heureux, il ne
savait pas non plus !
Voici donc quelques photos prises au retour:
Avec ma Mamie
La joie du petit frère- plus si petit d'ailleurs
Et alors ça fait quoi de
rentrer ? Et bien ça fait plaisir ! Ca fait plaisir de retrouver ceux
que j’aime. Ca fait plaisir de retrouver quelques mets français (merci aux
inventeurs du saucisson, fromage et vin), de pouvoir aller cueillir des légumes
au jardin, faire du vélo, se déplacer si rapidement partout, profiter du jour
jusqu’à 22h. Mais qu’est-ce que je regrette la chaleur des Colombiens… Que les
gens aient un peu plus le sourire quoi ! Qu’ils ne me revoient pas comme
si la dernière fois qu’on s’était vu c’était il y a 5 minutes; un peu de
tendresse ça fait quand même pas de mal, on peut serrer quelqu’un fort contre
soi, c’est plus communicatif qu’un frôlement de joues. Bref, heureusement tout
le monde n’est pas comme ça, je suis heureuse d’être là mais certaines choses
sont un peu difficiles. Je vous envoie une grosse embrassade pour la peine, et
prenez-la, elle vous réchauffera.
16 juillet 2008
Faire déserter les guérilleros
Voici un petit résumé d’un article paru dans Le Monde du lundi 14 juillet sur les moyens utilisés par le gouvernement colombien pour inciter les guérilleros a la désertion:
“Hé, guérilleros ! Je suis Ingrid Betancourt. Je veux que
vous soyez libre, comme moi", "Hé, guérilleros ! Je suis
Ingrid Betancourt. Rendez- vous. Vous allez récupérer votre famille, votre
liberté, votre honneur".
Voici quelques uns des messages enregistrés en Colombie par l’ex otage avant d’arriver
en France. Ils seront diffusés dans la jungle colombienne par le biais de hauts
parleurs d’hélicopteres militaires.
De plus, les radios locales et télévisions répètent
inlassablement les messages de l'armée colombienne : "Guérillero, ta
famille, tes amis, ton pays t'attendent. Reviens."
Pendant la Coupe d'Europe de football, un message défilait sur l'écran : "Guérillero, si tu avais déserté, tu pourrais regarder tranquillement ce match." Un des responsables de la campagne en convient : "Les guérilleros ont rarement l'occasion de regarder la télé mais les messages ont aussi une valeur dissuasive. C'était une façon de dire aux gamins du pays : si tu prends les armes, fini le foot..."
Selon
les chiffres officiels, plus de 9000 guérilleros auraient déserté depuis six
ans, 1500 au cours des six derniers mois. Jusqu'en 2002, le gouvernement
estimait le nombre de guérilleros des Farcs à 18000. Il reste donc encore quelques
"pseudo-révolutionnaires" à convaincre.
09 juillet 2008
Uribe aux anges
Il y a des nouvelles qui font très mal le lundi. En rentrant à la maison, je jette un coup d'oeil à l'Epectador de dimanche et là, c'est le choc. Le titre dit "si ce n'est pas lui..." avec une photo d'Uribe souriant jusqu'aux oreilles.
Les chiffres tombent:
- Intention de vote pour Uribe avant l'opération de sauvetage: 69%
- Intention suite au sauvetage: 79%
- Le second candidat (Sergio Fajardo) n'obtient que 4% des intentions de vote
- Presque la moitié des Colombiens (48%) n'iraient pas voter si Uribe ne se présentait pas
Il y a des lundis où il vaudrait mieux rester au lit...
25 mai 2008
Double tremblement de terre
Hier la terre a tremblé 2
fois en Colombie. Dans l’après-midi alors que nous venions d’entrer à Maloka [l’équivalent
de
la cité des sciences de la Villette à Paris], nous avons commencé à voir les
structures du bâtiment bouger. Il nous a fallu un peu de temps pour comprendre
que c’était bien un petit séisme et non une attraction du musée. Mais en voyant
tous les gens sortir en courant, on s’est déjà senti moins malin et on a suivi
la masse. Bilan : rien de bien grave à Bogota, juste quelques façades
abimées et 3 blessés (dont un qui avait sauté du 2ème étage par peur
de l’évènement…). L’épicentre était à une cinquantaine de km au sud ouest de
Bogota et la magnitude de 5,5. Il y a eu notamment un village assez sinistré,
et à l’heure actuelle 15 morts recensés au total. Un tremblement de terre qui n’est
donc pas du tout comparable à ce qui s’est passé
en Chine, mais qui a quand
même effrayé plus d’un Colombien.
Et l’autre tremblement de terre alors ? Je
suppose que vous êtes déjà tous au courant. J’avoue qu’au début je n’y croyais
pas, puisque ça faisait déjà une petite dizaine de fois que le gouvernement annonçait le décès del numero uno des Farcs.
Mais bon, suite à la confirmation des Farcs elles-mêmes de la mort de Tirojifo,
je m’incline et je suis pleine d’espoir pour la Colombie. Je rappelle qu’Ingrid
Betancourt est prisionnière des Farcs, parce que le message « détenue en
Colombie depuis 2002 » affiché sur la mairie de Paris ne le laisse
pas vraiment sous-entendre dans ce sens là. Il ne reste plus qu’à espérer pour
elle et pour les milliers d’autres que ce calvaire se termine enfin.
Tirofijo selon Botero
11 mars 2008
Le festival international ibéro-américain de théâtre

A Bogota s’est
ouvert ce samedi le festival international ibéro-américain de théâtre, plus grand du
monde par le nombre de nationalités représentées (il y a des troupes de plus de
40 pays différents). Pour l’inauguration, un invité de marque nous a offert un
super concert sur la place Bolivar: Carlos Vives. Ca ne vous dit
rien ? Pourtant c’est un des chanteurs colombiens les plus célèbres et je
pense que quelques-uns de ces tubes
ont traversé l’océan. Donc vraiment super, et
excellente ambiance, avec une foule incroyable (gratuité du concert oblige…).
Il y a eu un feu d’artifice tiré depuis les toits des bâtiments qui encerclent
la place. Il y a aussi eu un superbe lâcher de ballons (aux couleurs de la
Colombie) qui sont montés haut, haut, haut…jusqu’à rajouter des centaines et
des centaines d’étoiles au ciel de Bogota. C’était très beau.
Et puis dimanche, waouh, j’en suis encore toute retournée. Un défilé absolument
magnifique plein de
couleurs, de musiciens, danseurs, échassiers, monstres, chars,
marionnettes, hommes à ressort, costumes traditionnels magnifiques, scènes
culturelles muiscas, aperçu du défilé des fleurs de Medellin, de celui des
Willis à Armenia, etc, etc, etc… C’était incroyable : tant de couleurs et
tant d’imagination ! Le festival nous promet de bons moments pendant tout
ce mois de mars.
Un peu de calme
Ça y
est, Chavéz, Uribe et Corroa sont redevenus copains ! Ouf parce que comme
les 2 premiers sont assez fêlés, on avait un peu peur de là où cette histoire
pouvait nous emmener.
Vous étiez curieux de savoir ce que pensaient les Colombiens de la
situation : opinion partagée. Les Uribistes d’un côté, qui ont acclamé ce
coup fait à la guérilla (certains se sont même réunis sur la place Bolivar pour
boire du champagne à cette occasion). Et puis de l’autre, les anti-gouvernement
(une minorité), scandalisés du fait que l’interlocuteur des Farcs ait été assassiné.
En tout cas, pour les uns comme les autres, le climat de tension a effrayé les
Colombiens qui imaginaient déjà le pire, surtout avec 10000 militaires
vénézuéliens à la frontière.
Pour info : Chavez anime une émission télé de 2-3h tous les dimanches (« allo
presidente »). Au programme : bla-bla et public tout de rouge vêtu
prêt à se lever pour l’applaudir à tout instant. Du grand n’importe quoi digne
d’un Fidel Castro
La marche du 6 mars
Vous vous rappelez de la marche du 4 février ? Le 6 mars, on a remis ça ! Enfin cette fois c’était « contre toute forme de
violence ». Autant dire que les paramilitaires et les militaires d’état étaient les principaux visés. Il y avait beaucoup moins de monde qu’à la marche du 4 février, tiens, tiens, bizarre ! Eh oui, les paras ont le control politique du pays et occupent des places importantes dans le gouvernement (chut, faut pas le dire). Quand je serai rentrée en France on en reparlera mais là je veux pas vous faire trop peur alors je ne vais pas entrer dans les détails des actes de torture menés.
Bref, toujours est-il que bizarrement, l’Etat n’a pas du tout appuyé cette marche comme il l’avait fait pour celle de février : aucun fonctionnaire n’a eu la permission de sortir à manifester, comme ça avait été le cas pour la marche contre les Farcs (c’était même plutôt une incitation qu’une permission). Pas très crédible la position d’Uribe qui nie ses relations avec les paras.
En tout cas, nous avons remarqué que les marcheurs étaient d’un autre profil : plutôt des étudiants « rebelles », des enseignants, des déplacés par le conflit, et des survivants de la UP* (Union patriotique, parti politique éliminé physiquement par l’état – environ 4000 assassinats, dans l’indifférence internationale générale); disons que l’élite culturelle était présente, mais l’élite politique et économique semblait s’être perdue en chemin.
A quand la paix en Colombie ?
04 novembre 2007
Nous sommes au sec
Grâce au texto de mes parents, nous avons pu savoir que quelque chose de grave c'était passé en Colombie...c'est quand même incroyable la mondialisation!
Vous avez peut être vu vous aussi aux infos les rues de Bogota complètement inondées et pleines de blocs de glace, ainsi que les parkings. En effet hier il y a eu de sacrées averses et chutes de grêle pendant une heure et demie. (en moyenne 55mm sur la ville, ce qui est quand même assez énorme, plus du 20ème de ce qui tombe à Bogota en un an!)
Voici quelques photos qui montrent bien l'ampleur de l'évènement:
C'est vraiment impressionnant. Et malgré le désastre que ça représente, ça fait du bien de ne pas montrer que le noir. Alors j'ai voulu ajouter cette photo qui été prise suite aux intempéries. C'est joli non?
Les gens réagissent en disant que c'est la faute au changement climatique et aussi à la mairie qui promettait depuis longtemps une rénovation des routes qui ont justement causé problème, et qui n'a rien fait. Parce que c'est clair qu'il y a vraiment de grosses lacunes au niveau du système d'évacuation des eaux de pluie.
Alors ça charrie en disant que ce serait quand même un peu plus utile d'arranger ça que de construire un métro. Maintenant qu'Uribe a dit: "d'accord, je donne de l'argent pour le métro" (2 semaines après avoir dit qu'il ne fallait pas voter pour un candidat qui voulait instaurer le métro), on va faire comment les amis? Affaire à suivre...
Bon en tout cas c'est bien pour les médias, histoire d'alterner avec les problèmes mexicains ;-)
Pour en revenir à la première phrase de ce post: Victor et moi étions loin de nous imaginer qu'il y avait eu de tels dégâts à Bogota: nous n'avons quasiment pas été concernés par les innondations. C'est vrai que hier nous sommes revenus bien trempés par la pluie et les petites rivières qui s'étaitent formées dans les rues, qu'on a vu tout ça tomber, qu'on a vu des fontaines jaillir des bouches d'égoût, qu'il y avait de l'eau dans l'apart', etc...mais comme nous habitons juste en bas des montagnes (donc un peu plus haut que le reste de la ville), l'eau que nous recevions dévalait vers les rues qui ont justement beaucoup souffert.
Vous pouvez donc allez bosser l'esprit tranquille! Nous aussi on aura l'esprit bien tranquille demain: encore un petit jour férié qui nous allonge gentiment notre week-end!
29 octobre 2007
Dimanche 28 otobre
Attention il s'agit d'un message politique!
J'ai envie de vous raconter notre journée d'hier (1er épisode).
Mais qu'y avait-il donc de si spécial hier en Colombie??? Pour ceux qui ont lu le dernier post de Victor, c'est facile. Eh oui, monsieur là dans le coin, je l'ai entendu, vous avez dit la bonne réponse, ne soyez pas timide: Les élections bien sûr!!!
Mais qu'ont de si spécial les élections en Colombie? Je crois qu'on vous a déjà donn
é un petit aperçu. Ce qu'on peut ajouter, c'est que l'effectif de policiers et militaires est multiplié par 10 dans le centre le week-end des élections, c'est sacrément impressionnant. L'heure est maintenant au bilan: le grand gagnant est... Samuel Moreno (candidat de gauche, corrompu comme les autres). Appréciez sa magnifique veste jaune (couleur du parti) et le superbe jeu de mot SamuEl Alcade (Samuel (le) Maire, ça marche pas trop en français).
Bien quil y ait à peine une semaine, il ait répondu "oui, sans aucun doute" à la question "acheteriez-vous 50 voix aux électeurs si vous saviez que votre concurrent en avait acheté 50000?", cela n'a pas empêché plus de 40 % des Bogotanais qui sont allés voter à lui accorder leur confiance.
Hier, près de certains bureaux de vote, des membres de son parti offraient à manger et 20000 pesos pour voter "SamuEL".
Il y a-t-il un espoir qu'un jour les choses changent?
En tout cas, on attend tous avec impatience de voir comment SamuEL va financer le métro qu'il a promis (pour le moment, il n'a pas trop expliqué comment il allait s'y prendre). Un métro c'est bien beau, mais les Bogotanais ont déjà celui de Medellin à payer, alors 2 ça va peut être faire beaucoup, surtout quand on voit comment d'autres secteurs ont besoin de financement. Je pense par exemple à l'éducation: ici, l'éducation publique est en général d'assez mauvaise qualité, et l'éducation dans le privé hors de prix: 1 semestre à Los Andes coûte à un Colombien environs 3000-4000€, ce qui représente une somme énormissime en Colombie. Pour s'en sortir, soient les parents sont riches (et le narcotrafic en aide la moitié d'entre eux), ou soient les étudiants empruntent, parfois jusqu'à 10 ans (l'état prête presque à un taux 0).
Bref, voilà pour le maire. Maintenant, le conseil...Oups, ça se complique: 61 candidats au total pour Bogota, plus les candidats propres à chaque quartier (une vingtaine par quartier). C'est donc important le jour du vote de connaitre le numéro de son candidat, parce qu'il n'y a pas 80 bulletins ("vous prenez un bulletin de chaque svp". Non ce ne serait pas gérable; enfin au cas où tu oublies, tu peux toujours demander la liste des candidats et reperér le numéro, puis cocher ce fameux numéro)...Connaitre le numéro, ça reste faisable, mais connaitre tous les candidats??? Alors c'est aussi pour ça que l'achat de votes est encore répandu, parce que certains ont tendance à voter pour celui qui a offert à manger, ou à boire, ou de l'argent, ou qui a organisé une super fête, etc...
C'est quand même un peu plus pratique de faire des listes électorales.
Pour finir, les élections en chiffres (Maman n'aie pas peur)
Les assassinés: 86 (80 candidats pour le conseil et 6 maires candidats; pas de données pour les députés)
Les destitués ou interdits de se présenter:60
Les emprisonnés: 28
29 juillet 2007
Le dimanche à Bogota
Le semi marathon de Bogota
Ce matin se courait à Bogota un semi marathon regroupant plus de 48 000 coureurs.
Nous sommes donc allés voir les athlètes (et moins athlètes) à quelques rues de l'appart de où nous logeons.
Les premiers sont apparus vers 10h45, grande foulée, et visage ne laissant pas paraître un l'effort que représente une course de fond à 2600m d'altitude. Quelques centaines de metres derrière, plusieurs petit groupes de coureurs se succedèrent, de taille à chaque fois plus grande et moins espacés les uns des autres.
Après une vingtaine de minutes, un flot inninterrompu occupait la totalité de la "carrera", avec en face de nous quelques supporters super motivés criant aux coureurs " animo !", "la meta es llegar !" ou "es asi colombianos !".
Parmis la masse, un père avec son enfant dans une poussette et deux coureurs poussant une personne en fauteil roulant (je n'ai malheureusement pas eu le temps de les prendre en photo), ainsi qu'un grand nombre de personnes portant un petit drapeau "no a los sequestres" (non aux enlevemens) derrière leur tête.
Nous sommes partis 45min après avoir vu les premiers, alors que passait encore des coureurs.
Escapade
Après tant d'émotions, nous avons déjeuné avec les parents d'Alejandro dans un restaurant typique de Colombie, à 45min de route de notre logement en temps normal (1h30 avec les nombreux bouchons).
Celui-ci se trouve à proximité d'une route qui sort de Bogota et rejoint de villes de la région, dans un cadre très agréable et bien loin de l'atmosphère citadine que nous avons connu jusqu'à présent. En réalité ce sont des dizaines de restaurant qui parsèment la route au milieu de collines verdoyantes.
Les Bogotanos viennent y manger un plat typique lorsqu'il fait beau : "el piquete". Le principe est simple : le client choisi ce qu'il veut prendre à un comptoir, à savoir viande de porc ou de boeuf au barbecue, tripes de porc frites, pommes de terres frites ("papas creolas"), "platana" - sorte de grosse banane, "arepas" - des galettes de farine de mais, guacamole...
Après quelques minutes d'attente, une voix appele le numéro de la commande qui est prête et il n'y a plus qu'a aller chercher au comptoir un grand plat avec les ingrédients pour tout le monde et à piocher dedans tout en savourant une bierre locale.
Un repas savoureux et copieux pour seulement quelques euros dans un cadre agréable, que demander de plus?
















